La musique est actuellement pesée, calibrée, mesurée et emballée comme une marchandise. Le packaging vante les attraits plastiques ou pseudo-érotiques de poupées et de pantins athlétiques. Le marketing impose le modèle du luxe et vend le dandysme jet-setteur comme une décadence salutaire. L’original trépasse, les copies palissent… L’arrangement est devenu, autant qu’une technique maîtrisée, une nouvelle définition de la formation musicale. Et la scène sera bientôt le théâtre pitoyable d’un professionnalisme intéressé et prévisible. L’enregistrement sonore, avec ses sillons, aura finalement creusé sa propre tombe. La copie remplace l’original et les tubes s’enchaînent en créant des fringales ; A force de nous regarder dans la glace, nous faisons nous-mêmes figure de pâles copies. Nous sommes immergés dans le bruit. |
…Et les artistes se cachentEn attendant une réponse, la musique, comme le monde gagnerait à devenir « bio ». Car les grands artistes musiciens de ce temps, ceux qui pourraient nous guider, ne sont certainement pas sous les feux des projecteurs médiatiques ni ceux des écrans à pixels. Ils se tapissent au fond des villages de notre terre ; ils chantent la fin d’une époque et la naissance d’un nouveau monde, celui de leur cœur qui pleure, de leurs mains qui jouent. Ils ne distribuent pas d’abonnements gratuits, mais des notes de musique et des voix fraternelles. Une sensibilité impossible à « captationner ». |
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Dominique Prévost - Septembre 2007