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Tour d'horizon des plate-formes musicales

On peut perdre son temps à pleurer sur son vieux lecteur de CD ou se demander, comment télécharger de la musique ? où et comment placer ses morceaux pour se faire écouter des internautes ?

 

Le téléchargement de musique via internet focalise actuellement toutes les questions autour des droits d'auteurs, des interprètes mais aussi sur le devenir de nombreuses sociétés civiles qui jusqu'à présent ont vécu de subsides qu'elles percevaient via la distribution de disques. C'est tout un petit monde qui est ébranlé. Et pendant ce temps, les plus geeks placent leurs pions et s'adaptent à la nouvelle ère technologique en créant des plates-formes de partage, de vente, de diffusion.

Sur ces plates-formes, on peut juste écouter - c'est le streaming - un nombre de fois limité ou illimité ; on peut aussi télécharger des morceaux directement sur son disque dur ou encore sur un serveur afin de mettre en partage ses fichiers. On peut télécharger des morceaux gratuitement ou moyennant finances. Dans ce dernier cas, beaucoup de solutions coexistent : l'abonnement, l'achat par titre pour quelques centimes ou bien encore une offre couplée via le fournisseur d'accès. Dans cette optique, Neuf a signé un accord avec Universal Music, Alice avec EMI, Orange s'aligne pendant que Free boude encore cette solution.

Puis, il y a la bête noire de l'industrie musicale : le téléchargement illégal ! Là, on est en pleine série policière avec des histoires de pirates qui se font pincer, des petits délinquants qui ne se font jamais prendre - Tiens, et si on installait des radars sur tous les PC ? propose le Snep - et puis enfin les repentis.

la lÉgalitÉ par le marchÉ

Loin des pirates et du peer to peer, les plates-formes de vente s'installent sur le marché. Avec des propositions plus ou moins alléchantes pour l'internaute, le téléchargement se monnaye au même titre que la vente de CD. Petit à petit, le principe de gratuité, à l'origine du succès de ce nouveau mode de distribution de la musique, risque d'être grignoté au profit des sites organisés par genre, garantissant la légalité des téléchargements et l'absence de virus, pour quelques euros par mois. Il nous restera alors, l'argument du confort d'utilisation que représente la musique dématérialisée, d'autant que les disquaires auront pas mal disparus.

Récemment, Deezer - anciennement blogmusik.net - a négocié avec la Sacem puis Sony BMG pour développer une plate-forme de téléchargement légale, gratuite et illimitée. Le tout sera financé par la publicité.
Autre exemple, les fondateurs d'Abeille Musique annoncent le lancement prochain de Qobuz, plate-forme de vente. Jusqu'à présent, ils distribuaient des ouvres intégrales et des CD de musiques classiques, de jazz, de musiques du monde et d'enfants via leur site. Ils misent aujourd'hui sur la dématérialisation de la musique. Après avoir numérisé des milliers de morceaux, ils mettent leurs fichiers à disposition contre abonnement. Cela semble logique.

Toutefois, la vocation des plates-formes n'est pas purement commerciale ; les plus fameuses d'entre-elles sont avant tout reconnues comme espaces communautaires, lieux d'échanges et pourquoi pas de promotion.

Du cÔtÉ des artistes

Internet ou pas, les artistes restent amoureux de leur liberté. Ils se sont donc aussi emparés du Net, à coups de Creatives Commons (Système de Copyleft qui protège l'artiste tout en assurant la libre diffusion de ses ouvres). N'est-ce pas à l'artiste de décider si ses créations sont libres de droit ou non ?
Jamendo parmi d'autres incarne le mieux cette démarche. Le téléchargement de musiques libres y est gratuit et légal. Laurent Kratz, créateur de cette plate-forme explique très bien tout cela dans une interview pour LCI.

Dernièrement Radiohead a défrayé la chronique avec son "It's up to you" vendu à un prix choisi par l'internaute. Les bénéfices de l'opération ne sont pas connus mais ce dont on est certain, en revanche, c'est que cette démarche innovante a été très médiatisée. Des artistes moins connus, comme le rappeur Saul Williams ont suivi cette tendance. D'autres viendront : Jamiroquai, Oasis... Cela marchera un temps.

Mais le problème des artistes reste la notoriété ! Que la diffusion se déroule via des producteurs de disques, des plates-formes ou des labels, il faut se faire connaître. Et la promotion coûte chère.

Autrement, vous pouvez toujours vous installer dans des espaces communautaires pour vous présenter et faire écouter des morceaux : Myspace pour se perdre et puis d'autres qui émergent ou se développent (Lire notre page des réseaux communautaires).


QUELQUES FAVORIS :

www.aimsalibre.com : Site de l'association "No sacem inside" protégeant les œuvres d'artistes non inscrites à la sacem. Il est possible de s'y inscrire en tant qu'artiste ou diffuseur. Pour les internautes sont disponibles des catalogues par style, des catalogues de stream, de MP3 et des playlists.
www.audionautes.net : site de l'Association Des Audioanautes (ADA). Créée en juin 2004 afin de soutenir les internautes poursuivis pour avoir télécharger de la musique.

Joséphine Lecouedic - Novembre 2007